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Le Burn out

Le Burn out

Le syndrome d’épuisement professionnel est défini comme étant le résultat d’un stress professionnel chronique lié à un surcharge de travail et d’une situation professionnelle difficile provoquant des angoisses.

En général, la personne ne peut réaliser les tâches qu’elle faisait avant, et ne peut faire face aux exigences de son milieu professionnel. Son énergie, sa motivation et l’estime de soi sont impactées par la situation.

Le burn out syndrome fait son apparition aux Etats-unis dans les années 70. Il concernait les professions aidantes, les soignants et les travailleurs sociaux.

Pour les thérapeutes, on le définit comme une pathologie de l’effondrement dépressif. Les personnes à risque sont celles qui travaillent dans un environnement ou ils sont soumis à des pressions constantes. C’est le cas des médecins, enseignants, policiers, travailleurs sociaux, avocats et les agriculteurs.

Aujourd’hui, 3,2 millions de français seraient concernés avec les risques psycho sociaux. La réglementation impose aux employeurs d’évaluer les risques d’atteinte à la santé physique et mentale de ses salariés et mettre en place des mesures de prévention adaptées. Des dispositions particulières peuvent s’appliquer à certains facteurs de stress. 

Infos

  • La France affiche l’un des taux les plus élevés de cas en Europe
  • Le syndrome d’épuisement professionnel est reconnu comme une maladie.
  • Le Burn out touche 19% des cadres et 23,5% des agriculteurs.
  • Le stress serait responsable de 50% à 60% de journées de travail perdues.
  • En France, le coût du stress est estimé à 45 milliards d’euros.

Interview de Patrick Légeron en Mai 2019 dans le magazine Challenges.

Patrick Légeron, psychiatre est coauteur du rapport de l’Académie nationale de médecine sur le Burn out, publié en 2016.

Challenges : Vivons-nous une période particulièrement génératrice de burn out ?

Patrick Légeron : Le stress est le syndrome de l’adaptation. Dans notre monde en mutation, 25% des salariés sont considérés en état d’hyperstress. Santé publique France évalue à 500 000 par an le nombre de personnes qui présentent une pathologie mentale liée au travail dans notre pays. Mais ce n’est pas le changement qui génère cet épuisement, c’est la non prise en compte de l’humain dans sa mise en œuvre. La Harvard Business Review l’écrivait récemment : en période de mutation, ce qui prime, c’est une présence managériale active. Alors que le plus souventles managers sont absorbés par le changement lui-même.

Challenges : Les cadres y sont-ils particulièrement exposés ?

Patrick Légeron : Oui et plus encore que les dirigeants, le management de proximité. Ces cadres qui dirigent de petites équipes sont à la fois stressés et n’ont pas été formés à des pratiques managériales protégeant la santé.

Challenges : Le numérique est-il un facteur aggravant ?

Patrick Légeron : Lorsqu’il aboutit sur moins d’autonomie au travail et que les gens sont robotisés, oui. On parle de plus en plus de « bore out », un ennui qui mène à la depression. Il faut diversifier les tâches et augmenter les responsabilités. Tout va bien si la machine reste un prolongement de l’homme, pas si l’homme est robotisé.

Challenges : Le procès France Télécom s’est ouvert le 6 mai. Est-ce l’histoire d’une seule entreprise ou un problème plus répandu ?

Patrick Légeron : Il y a un énorme problème de management « à la française ». La France est d’ailleurs regardée comme une curiosité par les pays en pointe sur le burn out, comme le Canada ou les Scandinave, car nous en parlons plus qu’eux mais sommes mal notés sur tous les facteurs qui le favorisent. En France, aucune pathologie mentale n’est encore reconnue comme maladie d’origine professionnelles. C’est une maladie majeure, d’autant plus problématique que les troubles psycho-sociaux sont, aux dire de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) comme du BIT (Bureau International du Travail), des grands risques du monde du travail.

Challenges : D’ou vient ce particularisme français ?

Patrick Légeron : Nous avons une culture doloriste et une tradition de surinvestissement au travail. A la question « quelle place accordez-vous à votre travail dans votre vie ? », nous sommes le pays dans lequel la réponse « extrêmement importante » est la plus souvent choisie. Or, il faut accorder une place raisonnable au travail.

Challenges : Qu’est ce qui relève de l’individu et de l’entreprise dans l’apparition d’un burn out  ?

Patrick Légeron : Une part minime revient à l’individu, une fragilité éventuelle et souvent ce surinvestissement. Le reste relève de l’organisation et du management. C’est à l’entreprise de veiller à l’équilibre vie privée -vie professionnelle, à la reconnaissance, au fait de parler des émotions comme des échecs, de soutenir en cas de difficulté. Deustche Telekom et Telefonica ont vécu la même mutation technologique que France Télécom, mais ces deux entreprises, elles, ont mobilisé leur management sur l’humain.

Challenges : Concrétement, cela signifie quoi « placer l’humain au centre »  ?

Patrick Légeron : C’est avoir une attitude d’écoute active des émotions, rassurer les gens, les renforcer. La reconnaissance est l’un des axes majeurs de la protection de la santé psychique. La vraie, pas celle fondée sur des résultats. Celle qui reconnaît le travail, l’effort et chaque petit pas vers le changement. Heureusement, sur tous ces points, les jeunes sont en train d’apporter une révolution.